Le projet porte sur les premiers tours du monde touristiques, une pratique bourgeoise instaurée par l’Occident (mais aussi, plus tardivement, par le Japon) au dernier tiers du XIXe siècle grâce à une une prédominance économique, technologique et politique exercée à l’échelle globale.
Comment ces voyages reflètent et participent à instaurer un nouveau régime de géographicité? Telle est la question principale du projet. Deux hypothèses sont avancées. La première postule que les tours du monde correspondent à une mutation majeure de l’industrie touristique et de l’imaginaire géographique en Occident, ce qui porte, pour la première fois, à appréhender le globe comme une attraction et un lieu dont on peut littéralement faire le tour. La seconde hypothèse est la suivante: l’importance et la prégnance du motif du tour du monde, ainsi que sa diffusion dans la culture populaire, sont largement dues aux dispositifs de simulation plus ou moins immersifs qui permettent de savourer virtuellement une telle expérience.
Le projet se décline sur plusieurs thèmes, sources et approches qui composent quatre “workpackages” dont le détail se trouve dans ce site web. Une exposition temporaire a été organisée au Musée national suisse en 2025, avec la publication d’un ouvrage collectif qui, au-delà de sa fonction de catalogue muséal, propose pour la première fois une analyse et une synthèse sur ce sujet délaissé par l’historiographie.
